Historique
Les débuts
Dès 1680 BORELLI applique à l’équilibre humain les principes physiques découverts par GALILÉE et NEWTON.
En 1880, VIERORDT en Allemagne, est le premier à objectiver que l'homme debout oscille en permanence. Simultanément MAREY, en France, initie les enregistrements graphiques en physiologie humaine ; mais ce n’est qu’en 1953 grâce à RANQUET que fut construite la première plate-forme de stabilographie.
Au début des années 50, BARON montre que de légères modifications proprioceptives entraînent des adaptations posturales et locomotrices majeures; ces dernières générant un cortège de pathologies qui sont traitées par des stimulations posturales au niveau des organes sensoriels.
BARON (1951) utilise alors, dans le traitement des vertiges et des déséquilibres des verres prismatiques (prismes posturaux) suivant l’exemple de DE CYON (1911) chez l’animal et de UTERMÖLHEN (1947) chez l’homme. Les traitements des algies et des instabilités de l’axe corporel par prisme se poursuivirent par USHIO (1980) au Japon, DA SILVA et DA CUNHA (1986) à Lisbonne et par MARUCCHI et ZAMFIRESCO (1992) à Paris.
Le syndrome de déficience posturale (SDP)
Luis CARPINTEIRO (1960) médecin de rééducation fonctionnelle portugais, se mit à aborder d'une manière assez singulière le traitement des patients présentant des douleurs du dos. Au lieu de les soumettre à des traitements physiques ou chimiques, ils les plaçait devant un miroir pour qu'ils prennent conscience de leur corps et leur montrait comment corriger leur posture.
Il enseigna cette façon très personnelle de traiter ses patients à Henrique Martins DA CUNHA quand ce dernier fut amené à le remplacer. L'efficacité de cette technique sur les douleurs musculaires impressionna vivement ce médecin qui décida alors d'étudier plus attentivement ce type de patients. C'est ainsi qu'il fut amené à mettre en évidence un ensemble de symptômes communs qu'il décrivit en 1979 sous le nom de syndrome de déficience posturale (SDP).
L’équilibre postural: un système complexe
GAGEY (1984) organise l’examen clinique postural suite aux travaux sur les réactions d’équilibration et le tonus postural de Romberg (1853) BABINSKI (1899), MAGNUS (1924) THOMAS (1940) et FUKUDA (1961), entre autres. Il développe la notion de Système Postural Fin (SPF) et élabore des normes statistiques(Norme 85) d’évaluation de la posture à partir de la mesure en stabilométrie. De plus, reprenant la théorie des catastrophes, THOM (1974) et celle du chaos, LORENZ (1993), GAGEY et MARTINERIE (1992) démontrent que cette mesure est celle d’un système dynamique non-linéaire, c’est à dire que l’intensité de la stimulation n’est pas proportionnelle à l’ampleur de la réponse. En 1984 , GAGEY crée l'Association Française de Posturologie qui se transformera en Association Posture et Équilibre ( 1995) à l’arrivée à sa tête d’un scientifique, LACOUR qui coordonne (2001) un diplôme inter-universitaire intitulé, « Posturologie Clinique ».
Les entrées du système postural
Le pied comme capteur
Le pied a une grande place théorique dans le système postural fin, sans encore posséder de thérapeutiques adaptées. En 1985, VILLENEUVE et collaborateurs apportent les connaissances podologiques orientées vers la posture. A la suite de LEDOS, (1956), TURPIN-ROTIVAL et BRÉGÉGÈRE (1961), OSTERMANN, (1965), CECCALDI-MOREAU (1975) et BOURDIOL (1980) apportent une contribution significative a la discipline.
Ils enrichissent les perspectives cliniques (Posturodynamique, épine irritative d’appui plantaire, chaînes neuromusculaires etc.…) et thérapeutiques (semelles de posture) puis créent l’Association Internationale de Posturopodie qui évoluera à partir de 2000 en Association Posturologie Internationale. Il initie avec BOUISSET un diplôme universitaire : « Physiologie de la Posture et du Mouvement ».
L’étude biomécanique de la posture, BOURDIOL (1980), débouche sur le concept de symétrie posturale, BRICOT (1990) et les rapports entre asymétrie posturale et douleur chronique, FECTEAU (2006) ; Entre temps, on assiste à la mise au point de plusieurs dispositifs destinés à réguler le système postural à point de départ plantaire, B.R.E, SOUVESTRE, (1988), Staticure, BRICOT (1992), Neurostab, MARIGNAN (1996).
La mandibule comme capteur
Le capteur manducateur constitue une structure anatomique et fonctionnelle au centre des fonctions pré-linguistiques (succion, déglutition, mastication, respiration) et de la communication. Il participe, à ce titre, à des comportements intégrés au niveau du système nerveux central impliquant la totalité de l'organisme.
Chez l’Humain c’est le vestige de l’organe de la préhension du mammifère, intégré dans la chaîne musculaire qui relie par synergie les muscles manducateurs, les muscles cervicaux et les muscles lombaires. C’est ainsi que certaines situations « stressantes » peuvent raviver ces réflexes primaires et libérer des conduites instinctives, véritables alarmes génétiques aux situations d’urgence. Ces muscles ont perdu leur vocation de préhension mais en échange ils assurent la position debout verticale. Il n’est donc pas étonnant que le serrement de dents (clenching) ou la crispation des muscles dorsaux deviennent alors un puissant facteur de dérèglement du Système Postural. Tout d’abord, le serrement de dents épuise les muscles manducateurs. De plus, ce réflexe s’exerce le plus souvent la nuit, à l’insu du sujet, empêche leur repos nocturne et est générateur de troubles du sommeil.
C’est un capteur primitif et les réflexes archaïques qui l’animent sont les premiers à s’organiser dans l’ontogénèse. Dés la 7ème semaine de vie intra-utérine une légère stimulation buccale entraîne une rotation contro-latérale de la tête. C’est en considérant ces fonctions proprioceptives primitives que ce capteur peut être considéré comme un capteur important du système postural.
C’est pour ces raisons que le capteur manducateur joue un rôle complexe dans l’organisation du système postural. Il tient une place de premier plan dans les conditions de décompensation du syndrome de déficience posturale et dans son auto-entretien. Son déparasitage est essentiel pour interrompre la chronicité de la douleur et du « mal de dos » et son re-calibrage possible, comme « entrée » sensorielle du système postural pour effectuer la reprogrammation neuro-posturale.
En 1994, MARINO et VILLENEUVE faisant suite aux recherches cliniques de ROBIN (1928), COSTEN (1934), SAINT-ANNE DARGASSIE (1952), BARON (1953), BARELLE (1971) et MEYER (1977) créent la Posturodontie. Cette thérapeutique posturale utilise des réactions d’orientation, à point de départ stomatognatique notamment labial et lingual par l’intermédiaire de gouttières ou de subtils collages (alph) sur les faces vestibulaires ou linguales des dents.
L'oeil comme capteur
Vers la fin des années 80, Graciete Serrano , neuropsychologue portugaise récemment décédée, fut vivement impressionnée par l'amélioration spectaculaire survenue chez un de ses patients présentant une dyslexie sévère après qu'il eut été équipé en prismes proprioceptifs parce qu'il présentait des problèmes musculaires liés à un S.D.P.
Elle s'adressa à Orlando Alves da Silva , qui était l'ophtalmologiste prescripteur de ces prismes, pour lui proposer de s'associer à son groupe d'étude sur les troubles dyslexiques. QUERCIA (2005) montre que les symptômes cliniques de SDP sont présents chez tous les dyslexiques. Ainsi, le système postural joue un rôle non seulement dans la posture et son aplomb, mais aussi dans la localisation spatiale, ROLL (1987), et dans la perception visuelle, QUERCIA (2005).
Recherches sur la proprioception en général
La place de la thérapie manuelle
Plus récemment, l’impulsion donnée par les recherches fondamentales en neurosciences, développées notamment par PAILLARD (1976), BESSOU (1978), NASHNER (1981), ROLL (1981), KOCH (1975),MASSION (1997), BERTHOZ (1997) et les découvertes cliniques de JONES (1964), UPLEGER (1983), CHAUFFOUR (1985), TRICOT (1992), BARRAL et MERCIER (1983) oriente la thérapie manuelle vers une véritable application posturale. C’est ainsi que LEMAIRE et VILLENEUVE (1996) synthétisent et appliquent à la thérapie manuelle ces connaissances, développant une thérapie manuelle informationnelle au service de l’Homme debout, la Posturothérapie. En collaboration avec BOUCHER (2002), ils initient le premier enseignement universitaire nord-américain (UQAM), une Maîtrise en Sciences intitulée « Posture et équilibre ». De même que SAFIN (2000) à la suite de MONEYRON et BOURDIOL, reprend des techniques manuelles empiriques appliquées sur le sujet debout et développe l’Orthopractie, MATHERON (2001), à la suite de BOURDIOL élabore une thérapie spécifique proprioceptive.
L’importance de l’éducation somatique
Le rôle de la proprioception dans le développement du schéma corporel est depuis longtemps documenté, HEAD (1911), WALLON (1959), AJURIAGUERRA, (1971), PIAGET (1977). De nombreuses méthodes corporelles visant à améliorer le schéma corporel et la posture ont été utilisées tant en kinésithérapie, FELDENKRAIS ( 19935 ), MEZIERES (1948), ALEXANDER ( 1957) STRUYF -DENYS (1976), FOURNIER (1991), qu’en psychomotricité, BOBATH (1948), VOJTA (1954), PIRET -BEZIERS (1971), PADOVAN (1990), HANNA ( 2006 ). À partir de ces méthodes il devient possible d’agir dès les premiers symptômes de désorganisation des réflexes primaires et de proposer une thérapie proprioceptive adaptée à chaque étape du développement, LEMAIRE et BÉDARD (2005).
Manchettes
03-04-2008 ASTUCE POSTURA: Si vous souffrez de douleur récurrentes ou de vertiges, vous pouvez effectuer le test suivant: debout au milieu d'une pièce, les yeux fermés, les bras horizontalement tendus en avant, piétinez sur place une cinquantaine de fois ...
11-11-2008 IX ème Congrès Européen de podologie, XVIèmes Journées de Posturologie clinique, Podologie et Posturologie en Europe, Paris 24/25 janvier 2009,
FORMATIONS POSTURA
15-04-2008 Depuis janvier 2008, le centre POSTURA devient le seul centre de formation Powerplate agréé au Québec. Voici une liste des formations proposées par le centre ...
CONFÉRENCES/PUBLICATIONS
14-04-2008 Toutes les communications et publications du centre POSTURA depuis 2000 ...
SALLE DE PRESSE
01-04-2008 Postura s'associe au nouveau diplôme universitaire francais "Perception, Action et Troubles de l'apprentissage".
21-02-2008 Toute l'équipe de POSTURA est fière de contribuer officiellement à la première expédition Québécoise sans oxygène et sans traces sur le Manaslu, un sommet situé dans la portion népalaise de l'Himalaya.
